Le "tube" préféré que les Français écoutaient à cette époque, c'était "Verlaine" mis en musique et chanté par Charles Trenet que les censeurs allemands de l'Hôtel Majestic avaient laissé passer et qu’ils auraient pu censurer dès le mois d’août 1941.
En réalité, cette chanson avait été composée dès 1940. Le poète, parfois taxé de tendance «collaborationniste», avait eu une de ces visions prémonitoires au point que «les sanglots longs des violons de l’automne» vont servir de nom de code pour déclencher les opérations de soutien des résistants de la zone Nord afin d’entraver l’accès des renforts allemands de la XVème Armée à la Normandie.
Si vous l'écoutez en cliquant sur la flèche de lecture de la mini console en tête de la page, vous comprendrez combien les vers de la "chanson d'automne" de Verlaine allaient droit au cœur des résistants et des maquisards. Prémonition? Le "vent mauvais qui m'emporte" du poème de Verlaine devient un clin d'œil du "Fou chantant" à la Radio de Londres: Le 12 août 1941, Pétain avait prononcé un long discours radiodiffusé évoquant "le malaise des Français" à "cause des temps difficiles" et avoué qu'il entendait "se lever depuis quelques semaines le vent mauvais" en visant notamment la radio de Londres.
Il n'en fallait pas plus pour transformer cette chanson en un symbole de ralliement des maquisards et des résistants opposés à toute collaboration et décidés au péril de leur vie à "bouter" avec les alliés les Allemands hors de France. Plus de 29.000 Français seront fusillés pour avoir fait le choix de la liberté et, probablement cinq fois plus, seront déportés dont bien peu reviendront des camps de concentration (indépendamment et en plus des victimes de la shoah)(voir page suivante).
Suite de la page 1
L'opération "Jéricho" ou "Renovate" proprement dite
Pour en revenir à l'opération Jéricho proprement dite, c'est le prermier
lundi du mois de janvier 1944 (il y avait encore des aiguilles du sapin
de Noël sur le vieux tapis usé de la salle à manger), que ce
bombardement a été proposé au MI6 par Dominique Ponchardier (via
Elizabeth S...) à l'issue d'une réunion qui s'est tenue au 105, chaussée
Saint-Pierre à AMIENS. D. Ponchardier avait quelque raison de se
préoccuper de la prison d'Amiens: onze membres du réseau Nord des Sosies
(région de Mers-les-Bains) y compris l'Enseigne de vaisseau Le SEC qui
les commandait, avaient été emprisonnés à la prison d'Amiens et fusillés
dans les fossés de la citadelle au mois de décembre 1943. Et l'un des
adjoints de Le Sec, Jean Beaurin, responsable de plusieurs déraillements
mortels de trains transportant des SS notamment à Miraumont (sur la
ligne Paris-Lille) et à Frireulles (près d'Abbeville sur la ligne Le
Tréport-Abbeville) y était emprisonné et devait être passé par les armes
le 20 février 1944.
A la fin de cette réunion du 3 janvier 1944, M. Maurice FECAN, qui
assurait également la liaison entre le réseau des cheminots de Longueaux
et Amiens et Elizabeth S., a remis à Dominique Ponchardier les
plans de la prison d'AMIENS qu'il avait retrouvés dans les archives de
la Mairie d'AMIENS. (Avant 1940, la construction des prisons
départementales était en effet ordonnancée par les chefs lieux de
département).
Il y avait un témoin muet, auquel D. Ponchardier avait remis une petite
maquette de forteresse américaine, sous la table, sur laquelle les plans
de la prison d'AMIENS avaient été étalés: l'auteur de ce témoignage.
Pour sa part, Elizabeth S..., qui allait représenter le MI 6 dans la
région Nord-Picardie après la réorganisation des réseaux anglais, avait
reçu de Dominique PONCHARDIER un nouveau poste radio miniaturisé et peu
gourmand en électricité, sans nul doute un de ceux à base de circuits
imprimés (une arme secrète toute nouvelle), que les services du MI6
avaient commencé à distribuer à partir du mois de janvier 1944 en
priorité à leurs agents les plus exposés et notamment aux réseaux en
cours de reconstitution de l'Organisation MARCO POLO, devenue
l'Organisation PROMONTOIRE, après l'arrestation de l'essentiel de la
Centrale de LYON.
Les services de renseignements allemands avaient quelques soucis à se
faire malgré les succès accumulés depuis 1942 et jusqu'au début de 1944,
à un moment où les sites de lancement de V1 étaient bombardés
systématiquement. A tel point que le colonel Watchel (dirigeant du
régiment FLAK 155 W) avait noté dans son journal à la date du 7 janvier
1944, c'est à dire après la destruction le 25 décembre 1943, des sites
de lancement de Bois Carré et des Loges mais avant celle du centre de
formation à la mise en ouvre des V1 dans la Somme, installé près du
château de RIBEAUCOURT, près d'Abbeville):
" Si les
bombardements alliés continuent pendant quinze jours au même rythme, il
sera impossible d'utiliser opérationnellement l'ensemble des
plates-formes de lancement tel que cet ensemble était prévu
initialement."La concrétisation du bombardement de la prison
d'Amiens est donc intervenue à un moment où les services de
renseignement allemands affrontaient une crise profonde qu'Hitler avait
une certaine propension à dénouer en expédiant les officiers qu'il
jugeait responsables de ses échecs sur le front russe. Cette opération,
fort complexe, puisque les britanniques ont imaginé et construit en un
temps record des bombes qu'ils devaient larguer sur les murs d'enceinte
particulièrement épais de la prison pour les traverser avant d'éventrer
ceux de l'aile de la prison elle-même occupée par les résistants
capturés et en particulier le quartier des interrogatoires des agents
nazis, a ouvert un doute dans l'esprit des chefs militaires allemands
entourant Hitler, dans celui de Rommel. Des pressions ont donc
finalement été exercées sur le colonel Oscar Reile, grand admirateur de
l'Amiral CANARIS, pour capturer les poste radio d'Amiens et son
manipulateur.
A la suite de la dissolution de l'Abwehr par le décret d'Adolf Hitler du
14 février 1944, qui a ordonné le rattachement des services de l'Abwehr
au RSHA dirigé par Himmler,
CANARIS a très vite démissionné de son poste de chef de l'Abwehr tout
en persistant à soutenir le Maréchal Rommel dans sa tentative
infructueuse de prendre le contrôle de toutes les armées de réserve
inactives (donc de la quinzième Armée allemande chargée de
défendre notamment, outre le littoral belge jusqu'aux confins des
Pays-Bas, les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure, la Somme,
le Pas-de-Calais, le Nord et l'Aisne et donc de la 2ème division blindée
de la Wehrmacht)) en cas de débarquement allié en Normandie(*).
Quant au service de l'Abwehr, hélas très efficace, de détection
radio-goniométrique des émetteurs radio dirigé par le Capitaine Frey, seul officier dirigeant ce service et grand spécialiste du "funkspiel",
il a été immédiatement incorporé dans les armées allemandes sous la
forme d'unités spéciales de reconnaissance uniquement reconnaissables
par l'ancien sigle de l'Abwehr discrètement peint en jaune sur les
véhicules utilisés et encadrés par des soldats d'élite (les Brandebourgeois avant qu'ils ne passent sous le contrôle de Skorzeny).
Quand ils escomptaient se saisir d'un transmetteur radio, le service de
détection radio de l'Abwehr utilisait des engins de transport blindés
semi chenillés équipés d'une station radio prête à émettre sur les
bandes de fréquence de l'ennemi (en général trois bandes de fréquences
présélectionnées) en forçant l'émetteur à terminer son émission sous
leur contrôle.
Mais, dès lors qu'ils ignoraient que les membres des réseaux anglais et
notamment les manipulateurs radios qu'ils recherchaient étaient
concentrés dans l'aile civile de la prison qui était intacte après le
bombardement, l'opération JERICHO (à l'origine opération "Renovate"),
pouvait être rationnellement interprétée comme un geste désespéré des
Alliés pour sauver les plans de débarquement dans le Pas-de-Calais. Il
est intervenu à une époque où les services secrets alliés avaient subi
quelques sérieux revers et en particulier, l'arrestation des membres de
la Centrale lyonnaise du Réseau MARCO POLO à la fin de l'année 1943 (à
l'exception d'Octave ou René Pellet, chef de MARCO POLO en mission en
Angleterre au moment de la neutralisation de cette Centrale), celle, le 4
février 1944, de Michel Hollard, le chef du réseau Agir.
Un peu plus tard au tout début d'avril 1944, c’est le lieutenant de
vaisseau Rivière, employé par le service hydrographique de la Marine,
qui avait transmis aux Alliés les cartes hydrographiques des plages du
débarquement avec toutes les données indispensables qui sera arrêté, sur
dénonciation par la police française et remis à la Gestapo. Détenu à la
prison de Rouen, il sera libéré à la suite d'un sévère bombardement de
la prison... et de la destruction de son dossier dans la succursale de
la police SS en plein centre du vieux Rouen.
Pendant plusieurs mois, il ne restera plus aux alliés pour les
renseigner sur les armes V et notamment les V1 et sur les mouvements de
la 15 ème Armée, outre le poste de radio d'Elizabeth S... (qui
transmettra notamment les renseignements émanant de divers réseaux de
résistance autour d'Amiens et du réseau France zéro ZW) que le réseau
des sosies, les ex-réseaux de MARCO POLO reconditionnés en réseau
PROMONTOIRE, les réseaux du SOE France dépendant de Rémy et
l’impressionnant réseau polonais «Monica» avec des ramifications
s'étendant depuis la Belgique jusqu'à la Pologne, rassemblant plus de
5.000 membres dans les seuls départements de la Somme, du Pas-de-Calais
de l'Aisne et du Nord.
C'est l'organisation "Monica" qui livrera aux Anglais, dans la nuit du
25 au 26 juillet 1944 sur un terrain d'aviation polonais, un V1 égaré et
récupéré en parfait état de marche qui sera enlevé par un Dakota de la
RAF... On le constate, l'opération Jericho est intervenue donc à un
moment sensible où les services de renseignement alliés avaient un
urgent besoin de transmetteurs radios aguerris pour rendre plausible un
débarquement dans le Pas-de-Calais. Dès le débarquement en Normandie,
Eisenhower se préoccupera d'envoyer à partir de la Somme (et dès le 28
juin 1944) des agents polonais (plus d'une centaine de ces précurseurs
des commandos delta forces) parlant parfaitement le Français et
l'Allemand et spécialement entraïnés. Une opération dont il ne dira mot
en particulier dans son livre "Crusade in Europe" et qui a transformé
l’avancée en France du 21 ème Groupe d’Armées de Montgomery en une
simple promenade militaire seulement freinée... par le manque de
carburant...
La guerre du renseignement en Picardie
 |
Il existe plusieurs versions du Tiger Panzer, que les
américains se sont efforcés de capturer intactes pour en étudier les
caractéristiques et l'armement. Ci-dessus, c'est un K(önig)-Tiger
lourd qui a été capturé par l'infanterie US. Un grand nombre des chars
nouveaux du type Panzer 5 (chars Panthers) plus mobiles, plus rapides
et utilisés en Normandie étaient baptisés de "Guêpes" par les allemands
|
Mais pourquoi cette Guerre du
renseignement? L'ouverture d'un nouveau front réclamé par Staline pour
soulager le front EST aurait des conséquences lourdes pour l'Allemagne,
qui va perdre la maîtrise de l'Air au printemps 1944, était bombardée
sans relâche, et ne pouvait se venger qu'en expédiant aveuglément
des avions robots V1
sur la région londonienne notamment depuis la région littorale
d'Abbeville à Calais quelques jours après le débarquement en Normandie.
C'est dans ce contexte, et afin d'éviter le bombardement par les V1 des
sites où se préparaient les concentrations militaires indispensables pour
un débarquement massif en Normandie que les alliés sous l'impulsion de
Churchil et de la London controlling section (L.C.S.) ont inventé
l'opération FORTITUDE SOUTH créant de toute pièce une
concentration de troupes en carton pâte dans les campagnes du KENT
environnant DOUVRES..., un moment sous le commandement du bouillant
général PATTON, ce qui a eu pour effet d'immobiliser dans le Pas de
Calais la redoutée quinzième Armée allemande.
Pour crédibiliser cette opération, il fallait montrer aux Allemands des
activités de renseignements et de résistance centrées sur la zone NORD
c'est à dire au Nord de la Somme et sur Abbeville. Or, le MI 6 ne
contrôlait plus qu'un seul moyen de communications dans le Nord, celui
d'AMIENS, dont la manipulatrice, Elysabeth S..., ex-infirmière de
l'Armée anglaise parlant parfaitement le Français, résidait ...au 105,
chaussée Saint-Pierre, dans la maison du Dr Robert FECAN.Or, le MI 6
avait besoin de tous ses transmetteurs radios à rééquiper pour mener à
bien les opérations CROSBOW et OVERLORD-DIVER.
En créant une fausse destination du débarquement, l'Etat-major allié
allait gagner un second avantage allant bien au-delà de la dissémination
des chars tigres le long du littoral de la Manche et de l'Atlantique.
La zone d'Abbeville était enclavée et dépourvue de communications par
voies ferrées directes entre la zone Nord d'Abbeville et la Normandie.
Or, le char Tigre n'était pas seulement lourd, (blindage épais de 10, à
15 cm d'épaisseur), il était gourmand en carburant, et en munitions et
lent, très lent (35 km/h au maximum sur route). Pour transporter les
chars tigres et Panther et vers CAEN et la Normandie, il leur faudrait
passer par la gare de Longueau, ce qui a entraîné un redoublement des
bombardements, de jour comme de nuit, la plupart des bombardements
lourds de nuit étant exécutés par le "Bomber command", en rasant une
bonne partie du NORD EST de l'agglomération amiénoise dont notamment le
quartier de la Gare.
La triangulation radio-goniométrique implantée en secret à Amiens par l'Abwehr Cliquer sur l'image deux fois pour l'agrandir |
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Si le commandement allemand local l'ignorait, le poste émetteur
miniaturisé, qui ne cessait de provoquer la police SS allemande, avait
été conçu pour être déplacé, tant et si bien que la GESTAPO croyait à
l'existence de plusieurs stations d'émission là où il n'y en avait en
réalité qu'une seule. En revanche, les services de l'ABWEHR paraissent
avoir vite reconnu que le manipulateur était unique (les services
radiogoniométriques de l'Abwehr connaissaient le système de signature et
de contresignature du MI6). Leur chef, le capitaine Frey en avait
déduit que ce manipulateur connaissait vraisemblablement les intentions
réelles des alliés.
Capturer et retourner ce manipulateur devenait alors une affaire d'Etat
essentielle. C'est
pourquoi les ervices de l'Abwehr installèrent dans le plus grand secret
un dispositif sophistiqué et autonome de détection radio goniométrique à
partir de trois poles: l'aérodrome de GLISY, la citadelle et ... la
prison d'AMIENS, déjà bombardée. Ce dispositif était complété par des
stations de détection radio-goniométrique mobiles sous forme de
transports blindés chenillés ou aptes à pénétrer les marais (on notera
qu'un partie de la
zone balisée par la goniométrie de l'Abwher comportait une partie des
hortillonnages adossés au quartier Saint-Pierre.
Pourquoi leur était-il indispensable de connaître le lieu du débarquement allié?
Les sorties de bombardiers alliés dans le cadre des opérations "Pointblank" et "Crossbow" entre juin 1943 et mars 1944Ces données ne comportent pas les sorties de la Deuxième tactical Air force britannique qui n'ont pas été publiées en détail, mais elles incluent les sorties du "Bomber Command" |
 |
Ces données inédites sont publiées sous copyright et sont librement reproductibles sous la seule condition d'en livrer l'origine |
Dès le mois de mars 1944, les généraux allemands ne pouvaient l'ignorer -
que l'Allemagne perdait la maîtrise de l'Air au profit des Alliés.
Malgré un effort de guerre sans précédent, le régime hitlérien ne
pouvait plus parvenir à endiguer le flot des bombardiers alliés qui, de
jour comme de nuit, bombardaient les cités urbaines et les zones
d'industrie aussi bien en Allemagne qu'en France dans le cadre de
l'opération "Pointblank". Et la diversion que constituait la destruction
par bombardement dans le cadre de Crossbow
des sites d'armes V, ne constituait qu'une faible part de l'effort allié
pour s'assurer la maîtrise totale de l'air comme le montre le diagramme
livré ci-contre.
Faute d'avoir la maîtrise de l'air, Hitler disposait d'une arme apte à
repousser toute invasion si elle était concentrée là où il fallait et au
moment où il le fallait: le char
tigre armé d'un canon de 88mm tirant des obus à charge creuse et qui se
payait le luxe de résister aux bombes alliées. Mais Hitler avait là
encore commis une faute. Doutant déjà de la fidélité de l'armée
allemande, il n'avait pleinement doté de cet engin que les Panzer
divisions SS.
Ouvrons une parenthèse pour dire que les obus à charge creuse, capables
de transpercer la totalité des blindages de l'époque sont une invention
en 1935 d'un polytechnicien français, redécouverte par les Allemands
lors de l'occupation... (...Au su du réseau Marco Polo qui a adressé le
détail des études techniques allemandes très poussées sur le sujet...
aux alliés ...qui n'y ont cru que quand ils ont constaté les hécatombes
de chars alliés provoqués par les divisions blindés SS, notamment à Caen
et à St Lô).
Si, au lieu de construire la ligne MAGINOT, on en avait équipé l'Armée
française, l'Histoire eût été tout autre que celle de la débâcle de 1940
et ce, pour un prix certainement inférieur à celui d'une ligne
fortifiée pas vraiment finie...
Mais la construction de la ligne Maginot, cela valait beaucoup
d'argent... dispensé en pure perte! A cet égard, on lit dans l'ouvrage
du Major General Sir Kenneth Strong, (collaborateur en charge du
renseignement à l'Etat-major de Dwight Eisenhower) « men of intelligence
» (Les hommes du renseignement, p. 82, 2ème alinéa):
«...A French 250mm anti-tank gun was captured and examined; to the
Germans' surprise it was capable of piercing the armour of the majority
of the tanks with which the German armoured divisions were equipped,
although it appears to have had little effect against German armour
when the offensive finally started...» (trad: ...Un
canon antichar français de 250 mm a été capturé et examiné; à la
surprise des Allemands, il était capable de percer le blindage de la
majorité des chars équipant les divisions blindées allemandes, bien
qu'il semble avoir eu peu d'effet contre les blindages allemands quand
l'offensive a finalement commencé...).
On comprend mieux pourquoi la marine anglaise a lancé l'attaque surprise
de Mers-el-Kébir et on constate que les spécialistes français de
l'artillerie savaient, bien avant même l'achèvement de la construction
de la ligne Maginot, que cette dernière ne pouvait pas
résister à la nouvelle arme à charge creuse dont ils dotaient la marine
de guerre française!. Force est de conclure que cette invention n'a
servi en rien la France puisque la marine française, bien après
Mers-el-Kébir, a dû se saborder à Toulon! Ce qui permet de conclure
qu'en matière d'armements, il ne suffit pas de faire des découvertes
mais d'en concrétiser l'efficacité dans l'esprit des stratèges
militaires.
Le site de lancement de V1 de Vignacourt (Somme) Cliquer deux fois sur l'image pour l'agrandir puis une fois sur l'image téléchargée réduite |
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Toujours est-il que le ministère de l'Intérieur NAZI avait délégué à
AMIENS (*)(ville frontière de la zone spéciale Nord classée zone de
guerre et rattachée au Groupe d'Armées géré depuis Bruxelles, et siège
du QG de la deuxième Panzer division - relevant de la quinzième armée
allemande - et du centre de mise en ouvre des armes V par le 155ème
régiment W de la Flack), ses meilleurs limiers. Parmi eux, le capitaine
Frey nanti de tous les moyens radio-goniométriques indispensables pour
capturer ce poste intact et son manipulateur. Cette capture, le
commandement allemand en était sûr, devait permettre de retourner la
situation et d'opposer avec succès un Comité d'accueil aux troupes du
débarquement. Cela ressortissait clairement d'un article d'un proche
collaborateur de l'Amiral CANARIS, le colonel Oscar Reile que l'auteur
de ce témoignage a adressé en mai 1956 au Général de Gaulle, alors à
Colombey les deux Eglises, avec les explications y afférentes.
Après vérification par "l'Alsacien" (sous ce
nom de Guerre se cachait un des as du contre-espionnage français,
spécialiste des trafics d'armes, qui fut, entre autres, le responsable
du 2ème bureau français de la zone Nord de Haï-Phong pendant la Guerre
d'Indochine), ces documents ont
été intégrés dans un dossier classé "secret défense", le 21 août 1961
par le Général de Gaulle, secret figurant dans les archives du PC
Jupiter sous l'Elysée avant que d'en disparaître... dans des
conditions ahurissantes.
En effet, dans l'environnement d'Elyzabeth S... gravitait un enfant
assez chétif et couvant une tuberculose larvée qui n'avait pas quatre
ans. C'est lui seul, et personne d'autre, qui, le 2 avril 1944, va faire
échouer le plan mijoté par HIMMLER et ses services pour capturer la
manipulatrice radio hébergée à Amiens. Comme le dossier était suivi par
le Général Dwight D. Eisenhower, on comprendra aisément pourquoi, la
preuve du témoignage qui est écrit ci-après, a obligatoirement été
délivrée au chef de l'Etat-Major allié en vertu des protocoles régissant
les communications codées interrompues en cours de transmission et
pourquoi elle fait partie des archives secrètes américaines à diffusion
suspendue, suspension qui a été prorogée (pour 60 ans!) par le
Président Ronald REAGAN
au mois de septembre 1986. Un tout petit détail, on a seulement oublié
d'informer le petit garçon; quand il a atteint sa majorité qu'il avait
également le droit à la protection et à la citoyenneté américaine!
Pour en revenir à 1944, dans la nuit du Dimanche des Rameaux, la panne
d'un train à la suite d'un sabotage raté transportant une unité de
reconnaissance formée de SS venant d'Aarschot et probablement destinée à
la zone Nord d'Abbeville, avait provoqué l'exécution sauvage, par les
SS qui y étaient immobilisés, de 86 hommes valides du village de
Villeneuve d'Ascq, proche de Lille. Rétrospectivement, ces exécutions
constituaient en réalité des actes de vengeance et de représailles au
télescopage d'un train de permissionnaires de la Wehrmacht avec un train
de troupes SS et de chars à destination du front de l'Est provoqué sur
la ligne Longueau-Lille à hauteur de Miraumont, tout près de la limite
du département du Pas-de-Calais) sept mois plus tôt par le jeune
Beaurin, alors âgé de 20 ans, sur l'ordre d'Elizabeth (alias Dominique Ponchardier).
Ce télescopage avait provoqué la mort d'une centaine de sous-officiers
et soldats SS, et celle de 90 officiers SS dont celle d'un général de
division. La tragédie de Villeneuve d'Ascq représentait bien les dangers
encourus par tous ceux qui, à AMIENS envahie par les pires
tortionnaires nazis, ont poursuivi inlassablement ce travail de
renseignement, à commencer par la reprise des émissions en direction de
l'Angleterre, mais cette fois depuis des points différents en dehors
d'AMIENS.
Les risques étaient tellement sérieux que, dès le tout début d’avril
1944, Chobière avait été déplacé par le MI 5 … dans une maison close de
Marseille (un comble pour une officier de Police judiciaire) d’où il
s’est occupé de vérifier les innombrables renseignements indispensables
au débarquement de Provence.
Quant aux chefs du réseau des sosies, "Elisabeth" et "Geneviève"(les
frères PONCHARDIER), le MI 6, qui a continué à les rémunérer pour les
travaux de mise à jour du "Mur de l'Atlantique", leur a interdit de se
rendre en zone Nord et les a mis à la disposition du bureau du BCRA de
Genève…. Le MI6 avait été informé grâce au Dr Robert Fécan que les
services de la Gestapo de la zone Nord avaient reçu l'ordre de tirer à
vue sur Dominique Ponchardier dont ils avaient la description et dont le
cabinet immobilier rue de Rennes à Paris sera perquisitionné le 4 juin
1944, c'est à dire deux jours avant le débarquement en Normandie.
L'organisation des réseaux de l'O.R.A. décrite par Pierre Nord Cliquer deux fois sur l'image pour l'agrandir. |
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On aura garde d'oublier de citer comme réseau ayant joué un rôle
important dans le Nord de la France les réseaux de l'O.R.A.
(organisation de résistance de l'Armée) qui disposait d'une centrale de
renseignement Eleuthère à Lille et qui collationnait également les
renseignements collectés par Libération-Nord, comme il ressort d'un
schéma publié par Pierre Nord dans le tome II de "Mes camarades sont
morts", schéma qui est reproduit ci-après. Ces réseaux, auxquels il faut
ajouter le réseau Zéro-France, composé de cadres des Directions
nationales et régionales de la SNCF, ont joué un rôle important dans la
précision des bombardements aériens du réseau ferré et dans la
coordination des plans "verts" et "Tortue".
Pour s’occuper de la gestion et des liaisons des réseaux du MI6 dans la
zone Nord, il ne restait plus sur place à AMIENS, qu’Elizabeth S… et le
Dr Robert FECAN, auquel il a été enjoint, comme couverture, de continuer
à cultiver la collaboration avec les Allemands.
Tous ces agents qui renseignaient les alliés jouaient leur vie. Car,
sous la houlette de Darnand, secrétaire au Maintien de l'Ordre, de
nombreux services de police et notamment les renseignements généraux
collaboraient activement à la répression sanglante mise en ouvre par
le général des SS OBERG comme en témoignent les textes répressifs mis
en ouvre par le Gouvernement de Vichy sous la houlette du général nazi
que l'on peut consulter en cliquant sur ce lien. Il résulte historiquement
de ces textes que les résistants et membres des réseaux alliés qui ont
joué un grand rôle dans la libération de la France, n'avaient pas
d'autre alternative, s'ils poursuivaient leur lutte contre les
allemands et les collaborateurs, que de risquer leur vie. Et beaucoup de
ces résistants, Français ou non, sont morts, soit fusillés, soit
déportés.
Témoignage:
Ce dimanche des Rameaux 1944 était un jour de beau temps, mais assez
frais et sec. Dans la cour de la maison du 105, chaussée Saint-Pierre,
qui était en retrait en impasse, on avait mis dehors les enfants, qui,
entre 10 heures et 10 heures trente s'esquivèrent les uns après les
autres et disparurent à l'exception d'un seul, l'auteur de ces lignes.
Cette matinée vibrait en effet au rythme de l'horloge de l'église
Saint-Pierre, qui n'avait pas encore reçu le chapelet de bombes
destinées à la gare de triage de Longueau qui l'a transformée pour plus
de 15 ans en décombres.
11 heures: dans le jardin, de cette maison isolée, le petit garçon blond
et chétif est resté seul. Il a froid et il constate qu'il ne peut
rentrer dans la maison: les portes sont fermées et il est trop petit,
pour les atteindre facilement. Dans la maison, une seule personne,
qu'il appelle "tatie zabeth", une femme blonde d'une trentaine d'années,
Elizabeth S, ex-infirmière de l'armée anglaise qui était à peu près la
seule à s'occuper de lui. Alors, le petit garçon doit bouger pour se
réchauffer et bien qu'on lui ait enjoint de ne pas sortir de la
propriété, il décide de descendre l'impasse pour voir revenir les
familiers qu'il pense être à la messe.
Il descend donc l'impasse par la gauche, et s'arrête sur le trottoir
fort mal pavé au demeurant. Là, il commence par regarder à gauche du
côté de l'Eglise, c'est à dire vers l'EST. Rien de spécial mis à part
quelques personnes qui rentrent précipitamment chez elles après avoir
regardé vers le bas de la chaussée St Pierre, c'est à dire vers l'Ouest.
Il regarde lui aussi de l'autre côté vers l'Ouest et voit très loin
tout au bas de la chaussée Saint-Pierre, juste au niveau du pont St-Leu
un curieux cortège: un véhicule camouflé allemand, encadré par deux
files d'hommes en armes lesquelles sont prolongées par des traits
étincelants (des baïonnettes). Sur le véhicule allemand, assez
impressionnant même de loin, un cercle tourne par saccade.
Le petit garçon est lui aussi pris d'un irrépressible besoin de rentrer
et de prévenir celle qui, pour lui, est "Tatie Zabeth". Il remonte
l'impasse passe la grille et butte sur la porte de la cuisine dont il ne
peut atteindre la poignée. Pas moyen d'ouvrir! alors il va voir s'il
peut emprunter l'entrée du perron. C'est fermé également mais, traîne,
sur la dernière marche, un morceau de planche dont il s'empare.
Il revient encore vers l'entrée de la cuisine met la planche se hisse
dessus mais, là encore, c'est trop juste. En se retournant, il voit le
bûcher qui servait à alimenter la cuisinière: il trouve deux morceaux
de bûche qu'il cale sous la planche. Cette fois-ci cela marche. La
porte de la cuisine s'ouvre. Il crie mais ne reçoit aucune réponse.
Le petit garçon se précipite pour affronter maintenant l'escalier, qui
lui apparaissait aussi difficile qu'une montagne à gravir. La veille, il
était tombé depuis la cinquième marche. Avec un peu d'appréhension, il
commence à gravir l'escalier. Mais à la septième marche, patatras, il
glisse sur le vieux tapis usé de l'escalier et tombe durement sur le sol
carrelé. Cela fait mal! En tombant le dos de sa main droite s'est
écorchée sur le décor en fer forgé de l'escalier. Rageur et entêté, il
regarde sa main droite et se dit que s'il s'était accroché au fer forgé
décorant la rampe de l'escalier, il ne serait pas tombé et il recommence
en s'agrippant de la main droite au fer forgé. Cela marche!
Enfin, il arrive en haut de l'escalier barré par une barrière en bois.
Il lui faut bien encore vingt secondes pour ouvrir cette barrière. Et
là, il s'affale sur le sol de l'étage: impossible de se relever tant il
est fatigué. Qu'à cela ne tienne. Il marchera à quatre pattes et c'est à
quatre pattes qu'il tembourine la porte de "tatie zabeth" parce qu'elle
tardait à répondre. Enfin, elle ouvre la porte, fort courroucée d'être
dérangée, et là elle entend ces mots: "des Allemands remontent la
chaussée avec un gros camion et un rond qui tourne dessus".
L'enfant commencait à tousser sérieusement. Cela faisait bien sept à
huit minutes qu'il avait repéré le dispositif de détection allemand sans
savoir ce que cela signifiait au juste . La signification de ces
manouvres allemandes, il ne l'apprendra que douze ans plus tard.
En un bond, Elizabeth ouvre la fenêtre remonte prestement un fil pendant
à l'extérieur qu'elle enroule rapidement après l'avoir décroché d'un
engin miniaturisé sur le bureau et cache le tout dans une cache
quasiment invisible sous le plancher, puis elle empoigne l'enfant et
redescend prestement l'escalier.
Lorsqu'elle sort de la maison, les Allemands sont en armes, baïonnette
au canon au bas de l'impasse et une sorte de véhicule vert camouflé
imposant surmonté d'une antenne circulaire barre en partie la chaussée
Saint-Pierre et surtout tout le bas de l'impasse. Elle hésite, d'abord,
elle pense se réfugier dans le jardin quand l'enfant est pris d'une
quinte de toux encore plus forte que les autres qui attire l'attention
des militaires allemands dont celle de l'officier commandant l'opération
qui est sorti de l'engin, révolver au poing. Il s'agit en réalité du
brillant capitaine Frey, responsable du service de détection
radiogoniométrique pour le front ouest qui va subir son premier échec de
la guerre.
Elle se rend bien compte que cela ne servirait à rien de chercher à se
camoufler. Alors elle va changer de rôle et jouer celui d'une mère
éplorée qui vient en urgence consulter le médecin pour son enfant en
grave difficulté et ne sait que faire car il n'est pas là et il ne
semble n'y avoir personne dans la maison.
Les soldats en arme s'agitent de plus en plus et commencent à progresser
vers la maison, alors, elle va au-devant d'eux et comble de chance, le
petit garçon se met à cracher du sang. A l'époque, cracher du sang
c'était le signe certain d'une atteinte grave de la tuberculose. Mais
cela aurait pu être aussi bien une réaction d'allergie puissante. Du
coup, Le capitaine Frey, accompagné de deux soldats en armes, visitent
toute la maison de la cave au grenier à la recherche d'une installation
radio puissante, qu'ils ne trouvent pas, et vérifient qu'il n'y a
personne d'autre dans la maison, ce qui était vrai.Pedant toute la
visite qui a duré près d'une demi-heure, le capitaine Frey a tenu son
pistolet automatique en direction du petit bonhomme qui n'en pouvait
plus, cela probablement afin d'intimider Elizabeth S.
Aorès quoi, le capitaine Frey a conseillé à la "manipulatrice" de
chercher ailleurs un médecin en urgence ou de se rendre à l'hôpital.
Visiblement, les soldats prenaient bien soin de ne pas s'approcher de
l'enfant et ne cherchaient pas vraiment à s'incruster. Le BK était
certainement plus craint dans l'Armée allemande que le MI VI. Et c'est
ainsi que le capitaine Frey et ses soldats d'élite ont laissé filer la
manipulatrice radio qu'ils recherchaient.
Elizabeth a pris l'enfant qui l'a sauvé dans ses bras et s'est éloignée
éloigne, et l'a reposé au sol dèsqu'elle a tourné le coin de la rue.
Pour l'heure, il n'était pas question de retourner sur place mais bien
de trouver un refuge.
Elle ne sait que faire et commence par emprunter le chemin de hallage en
compagnie de l'enfant qui a de plus en plus de mal à la suivre. Puis, à
la hauteur du Pavillon bleu, elle fait subitement demi-tour et se
dirige vers le pont Saint-Leu. De là, elle peut
voir tout ce qui se passe sur la Chaussée St Pierre. Le petit garçon
est de plus en fiévreux. Un quart d'heure plus tard, elle constate que
les Allemands sont partis, toujours vers l'Est, sans doute pour
rejoindre leur PC sur l'aérodrome de GLISY. et décide de revenir au
domicile du Dr Robert Fécan avant de déciser de faire le tour du
quartier par l'Eglise Saint-Pierre
C'était la sortie de la grande messe. A cette époque, les pratiquants
étaient fort nombreux et c'était une bonne occasion de se mêler à eux.
Pourtant, ils ne sauront rien de ce qui vient de se passer.
Elle remonte la chaussée Saint-Pierre et là, à l'entrée de l'impasse, le
petit garçon perd connaissance et entre probablement dans le coma,
victime d'un choc anaphylactique,
puisqu'il n'a plus aucun souvenir de ce qui s'est passé après, pendant
plusieurs jours. Il lui restera de cette journée, outre la vision de
deux paroissiennes chapeautées descendant la chaussée
Saint-Pierre un bouquet de buis à la main, dont l'une lui évoquera huit
ans plus tard ce qu'il s'était passé ce jour là, des réactions
particulièrement dangereuses au froid.
En définitive, le petit garçon se réveillera dans une ferme à
Poulainville où on ne lui dira rien. Pas la moindre explication ne lui
sera livrée! Il lui faudra trouver tout seul. Et jusqu'à la libération
de la Ville d'AMIENS, on ne le reverra plus en compagnie
de cette femme, qu'il a sauvée. Après la Libération non plus d'ailleurs!
C'est ainsi que le secret le plus jalousement gardé, celui de
l'opération Neptune du débarquement en Normandie échappera aux serres de
l'Abwehr et de Himmler. Dès le 7 avril 1944 ,à l'école Saint-Paul de
Londres, en présence exceptionnellem de CHURCHILL, qui n'était certes
pas là par hasard, les alliés se répartissaient les grandes éléments du
plan OVERLORD. Dwight EISENHOWER et son Etat-major avaient désormais la
conviction que les services secrets allemands n'avaient rien percé des
plans de l'opération OVERLORD et qu'ils seraient désormais informés à
coup sûr des mouvements de la quinzième armée allemande. Il ne restait
plus qu'à fixer la date du débarquement.
Que serait-il passé si le petit garçon était resté passif et avait
laissé les services de l'Abwehr s'emparer d'Elizabeth S.? Il est évident
que toute la famille du Dr Robert FECAN aurait été prise en otage et
probablement déportée et que le Dr Robert Fécan lui même aurait subi les pires
sévices que les SS réservaient aux traîtres. Bien au-delà, les
manipulations entreprises pour crédibiliser un débarquement dans le
Pas-de-Calais auraient été éventées et les troupes nazies chargées de
contrer le débarquement allié renforcées en Normandie.
Quant au petit garçon, il ne devait pas attendre la moindre
reconnaissance de la famille Fécan, mais il connut en revanche les coups
les plus tordus qui se puissent concevoir, dont certains auraient pu
être mortels. Seul, un certain général de Gaulle, qui avait découvert
l'affaire au cours du mois de mai 1956 parce que l'enfant devenu
adolescent la lui avait racontée dans une lettre expédiée à
Colombey-les-deux-Eglises, devait se souvenir de l'étrange rôle qu'avait
joué ce petit garçon.
Il reste à écrire l'épilogue de ce qui s'est passée après cette journée.
Et la très étonnante histoire de ce petit garçon, qui fut secrètement
hissé, dès le mois de mai 1945, au rang de citoyen d'honneur de l'Union
soviétique, honneur dont il a été informé officiellement à l'Ambassade
d'URRSS à Paris au cours de la visite officielle en France que le chef de l'Etat soviétique,
a accompli en 1973 selon un protocole arrêté par G. Pompidou et en présence d'un mentor de la DST
désigné par ce dernier. Plus tard encore, il apprendra également qu'il
était censé avoir droit à la citoyenneté américaine par deux décisions
secrètes, dont la première prise le 23 septembre 1944 dans le salon oval
de la Maison Blanche, qui ne seront portées à sa connaissance qu'en septembre 1986!
Mais tout cela n'intéresse apparemment aucun éditeur dans le
pays de France!
Epilogue
Un livre détaillant cette histoire en même temps que celle de ces
Français du Nord de la France dont le sacrifice a facilité le
débarquement en Normandie est en cours de réécriture.
Ce livre racontera notamment comment le Dr Robert Fécan a été arrêté sur
l'ordre du Comité de libération de la ville d'Amiens, comment Elizabeth
a quitté précipitamment le domicile amiénois du Dr Robert Robert Fécan
le 19 septembre 1944 et comment le Dr Robert Fécan a été sauvé du
peloton d'exécution.
Mais l'odyssée du petit garçon ne s'arrêtera pas là...
Soixante ans plus tard, le 1er avril 2004
Jean-Robert FECAN
(*) Ironie du sort, l'Amiral Canaris
va déterminer, à partir d'une transmission radio du 4 juin 1944, que le
débarquement aura lieu en Normandie. Voici à ce propos le commentaire du
Major Général Kenneth Strong dans son livre « Men of intelligence » (p.
68 fin du premier alinéa):"In one respect at least the confusion caused
by his falling from power unwittingly helped the Allied cause. Early in
1944 Canaris had discovered the text of the radio message that was to
be transmitted from Britain shortly before the start of the invasion
instructing the French resistance to stand by. The actual message was
intercepted by a German Army station when it was transmitted on 4 June
1944, but no action was taken by the Germans. With Canaris in disfavour,
apparently no one realized its true significance." (trad: "À
ce propos au moins, la confusion provoquée par la chute de sa puissance
a inconsciemment aidé la cause des Alliés. Au début de 1944, Canaris
avait découvert le sens du texte d'un message radio qui avait êté
transmis depuis la Grande-Bretagne, peu avant le début de l'invasion
demandant à la résistance française de se tenir prête.
Il s'agissait, on le sait, de la première strophe de la Chanson d'automne de Verlaine: "les sanglots longs des violons de l'automne..."
qui devait mettre en alerte du débarquement sous 48 heures les réseaux
du Nord de la France. Le message réel a été intercepté par une station
d'écoute de l'armée allemande quand il a été transmis, le 4 juin 1944,
mais seule, la 15ème armée allemande avait été mise en alerte en vue du
débarquement allié. Aucune mesure particulière n'avait été prise par la
septième armée allemande directement concernée... A part Canaris en
disgrâce, personne à la tête de l'O.K.W. n'avait apparemment réalisésa
vraie signification.")
(**) A noter qu'AMIENS est
également devenu un moment le siège du QG du Groupe ouest des armées de Panzer
allemande juste après la bataille de Normandie puisque le général
Eberbach, la commandant, et tout son état-major y ont été faits
prisonniers le 31 août 1944, alors qu'ils prenaient leur petit
déjeuner. En fait, le général des armées de Panzer était nu puisque
sans aucun char ( Les opérations en Europe du corps expéditionnaire allié
Editions Berger-Levrault, p. 94 fin du 1er alinéa sous
la plume du Général Dwight D. Eisenhower)
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dernière mise à jour le 24 septembre 2011.